-Tribune libre- Electricité : tout près des coupures

Serge Vidal, président de la Commission équilibre production/consommation du CCE d’EDF, alerte sur le risque de coupures électriques en France, évitées de peu lors de la vague de froid de janvier 2017, et à venir si rien n’est fait pour améliorer la situation.

Serge Vidal, président de la Commission équilibre production/consommation du CCE EDF

Serge Vidal, président de la Commission équilibre production/consommation du CCE EDF.
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Les élus du CCE EDF ont demandé à l’Institut IED (Institut Energie Développement) d’analyser la situation du système d’alimentation électrique français, lors de la vague de froid du 16 au 25 janvier 2017, dans le cadre d’une étude globale sur le mix de production électrique. Il apparaît que notre pays est passé très près de la rupture de fourniture électrique durant cette période. En effet, le président du Réseau de transport d’électricité (RTE) a déclaré le 27 janvier dernier que « RTE n’avait jamais connu une situation aussi tendue sur le périmètre de l’équilibre offre – demande » avec une marge extrêmement faible, de 1%, le 25 janvier à 19 heures, pour répondre à la demande électrique.
Cette situation résulte de la conjonction de plusieurs facteurs : indisponibilité de réacteurs nucléaires et de centrales gaz, faible contribution de l’éolien et du solaire, faible remplissage des barrages et surtout absence de marges, due à la fermeture prématurée de centrales thermiques à flamme et au manque d’investissement en nouveaux moyens de production électrique.
Pourtant la vague de froid de janvier 2017 ne fut en rien d’exceptionnelle (il y en eu huit plus fortes en 50 ans, dont celle de 2012). Et c’est surtout un mieux par rapport à la prévision météorologique qui a permis de sauver la situation et non l’éolien et le solaire comme l’a déclaré abusivement la ministre de l’Energie, Ségolène Royal. Les contributions, le 25 janvier à 19 heures (heure de pointe maxi d’appel à consommation), ont été : nucléaire (61%), hydraulique (13%), gaz (10%), fioul & charbon (8%), importations (6%), éolien (1,5%), bioénergie (1%), solaire (0%).
A l’avenir, la situation constatée cet hiver ne fera que s’aggraver si d’autres moyens de production électrique sont fermés (Fessenheim, les centrales charbon du Havre et de Cordemais …) et aucun remplacement engagé. L’Etat et les Directions d’EDF et de RTE portent une lourde responsabilité dans cette dégradation.
Le CCE EDF considère que la perspective de coupures massives est insupportable compte tenu du rôle primordial que joue l’électricité dans notre vie moderne. Il critique aussi les prévisions de délestages régionaux tournants ou les propositions de trois heures de coupure électrique préférées à la mise en service de nouveaux moyens de production. Le CCE EDF considère aussi que des besoins ne sont pas satisfaits notamment dans la perspective d’une relocalisation industrielle et de la résorption des inégalités. Il conteste donc les projets de fermeture de centrales nucléaires et fioul basés sur des scénarios irréalistes de baisse drastique et rapide de la consommation électrique.
L’étude globale de l’Institut IED sur les entraves et les sous-estimations affectant la programmation pluriannuelle des investissements énergétiques et les manques de moyens de production qui en découlent se poursuit.

Serge Vidal

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